La social-démocratie néolibérale libertaire

18 septembre 2013

2 - Comprendre et s'organiser

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Jamais entendu cette expression ? Et pourtant, vous vivez dans ce type de société ! Issue des années 60 et leur vague libertaire, explicitons chaque concept formant ainsi une expression caractérisant notre belle société avancée.

- Social-démocratie : issu des premiers mouvements marxistes et réformistes (Engels, Bernstein, Luxemburg…), ce socialisme a muté à travers les décennies pour non plus s’opposer au Capital mais se fondre en lui pour mieux le contrôler. C’est un socialisme soft tolérant le Marché, à condition d’éviter les excès de ce dernier, d’où les politiques d’interventionnisme économique. C’est l’état-providence légitimé afin d’instaurer la protection économique (et par extension sociale) d’une nation.

- Néolibérale : ici, comprenez l’extension des domaines et de l’influence du Marché. C’est une doctrine ou l’état intevient peu dans l’entreprise privée, tolère les trusts (monopoles bancaires, médiatiques, de l’énergie etc…), légitime l’idée de croissance infinie à l’aide de la dette à intérêts et se préoccupe peu d’une dépression causée par l’opportunisme du Marché en fonction de ses besoins (licenciements à cause d’une délocalisation à l’étranger par exemple). C’est une économie qui théoriquement n’a pas de limites, si ce n’est la planète-même. Et encore, on peut se demander si certains économistes l’ont compris…

- Libertaire : dans ce cas de figure, il s’agit d’une idéologie très permissive dans le domaine de la vie humaine et s’opposant à l’autoritarisme, voire carrément à l’autorité.

Si l’on groupe ces concepts pour en former un nouveau, à savoir la social-démocratie néolibérale libertaire, on s’aperçoit dès lors qu’il y a un antagonisme entre la permissivité par rapport au développement du Capital et la protection sociale du peuple par le protectionnisme économique. Prenons l’exemple du Parti Socialiste en France : on constate une libéralisation croissante depuis les années Mitterrand avec l’amorce des délocalisations à l’étranger et du libre-échange européen, initié par le traité de Maastricht et parachevé par le traité de Lisbonne (malgré le « non » franco-hollandais face à la constitution européenne). Aucune personnalité du PS ne s’oppose fermement à l’ultralibéralisme (libéralisme sans entrave) de l’Union Européenne, ni même au mondialisme qui est l’extension du Marché -l’opportunisme économique et le profit comme valeurs suprêmes- à échelle mondiale, produisant dépressions et booms simultanément à plusieurs endroits de la planète. Le PS « hollandais » est-il encore vraiment socialiste ? Le petit peuple de producteurs enracinés et soumis à la sérieuse concurrence étrangère semble souffrir et ceci se manifeste par le nombre croissant de suicides de petits propriétaires… Tandis que les riches affairistes, bien que sans doute touchés en majorité par la crise, semblent toujours riches. Y aurait-il donc peu de différences entre la droite affairiste et ce socialisme-là ? Pourtant, il y a bien des élections. N’est-ce pas signe d’une pluralité des courants politiques forcément antagonistes ? Le monde des gros sous toucherait-il les deux partis majeurs en France, à l’instar des USA avec leurs démocrates et républicains ?

Rappelons également que le PS abrite des pro-sionistes revendiqués que vous connaissez sans doute déjà (Manuel Valls ou DSK, entre autres). Les membres éminents du PS se réclament de l’humanisme des Lumières et des Droits de l’Homme, mais ne sont-ils pas en pleine contradiction en soutenant inconditionnellement un état pratiquant l’apartheid social, fort peu démocratique et républicain ? Vous savez, l’entité sioniste.

Parlons aussi des anciens trotskistes gauchistes antifascistes (qui ont pondu des gosses nommés « antifas », prospères en facs avec leur révolution de campus). Ces combattant des libertés fondamentales ont instauré le combat contre le nationalisme à la fin des années 60, celui-ci étant jugé trop réac et lit du totalitarisme. Citons aisément Daniel Cohn Bendit, André Glucksmann ou Bernard Kouchner qui ont étrangement légitimé toutes les interventions de l’OTAN depuis les années 90. Deux slogans soixante-huitards semblent encore ancrés dans notre société : « il est interdit d’interdire » et » jouissez sans entrave ». C’est pour cela que nous allons en venir à l’aspect libertaire de la sociale-démocratie néolibérale, parachevant la logique du Capital.

Ce gauchisme d’essence marxo-freudienne (inspiré par l’américain Herbert Marcuse) promouvait un spontanéisme et un hédonisme voulant faire barrage à la rigidité de la vieille France « travail-famille-patrie ». La permissivité, le cool, le jeune ont donc constitués des valeurs s’ancrant petit à petit dans les années 70 avec la libéralisation des moeurs, en allant jusqu’à la banalisation de la nudité… Et l’apologie de la pédophilie ! Un « grand bazar », n’est-ce pas monsieur Cohn-Bendit ?

La jeunesse ado rebelle (souvent sans une cause) voulait donc de nouveaux horizons et pouvoir jouir encore et encore dans une nouvelle société permissive, depuis les années 50 et l’avènement de la société de consommation. N’est-il pas courant à l’heure actuelle de tomber sur une publicité présentant une jeune femme peu vêtue (toujours jeune) afin de vanter (par l’attrait de son corps et l’analogie inéluctable) un quelconque produit ? Héritage de la révolution par le cul, me direz-vous. Une telle réclame aurait encore fait scandale dans la nouvelle société de consommation des années 50. Il a donc fallu que le cul devienne rentable -souvenez-vous de l’extension du Marché- et vos amies peuvent désormais goûtez au plaisir de l’orgasme, même seules avec des sex toys sans cesse plus fantaisistes et performants. Le corps jeune et grâcieux est devenu rentable et sert à vendre, pour une jouissance perpétuelle grâce à la consommation.

Société du désir, société du profit… Passant par la mode, l’industrie du loisir et le sexe, avec en prime des avancées sociétales accompagnant la danse de la consommation s’il vous plaît ! Qui a parlé de parité et de mariage gay ? Ô combien urgents dans une société ébranlée par une crise économique chronique…

Cette social-démocratie néolibérale libertaire est donc une société au service du Capital qui se montre sociétalement permissive envers les homosexuels, les femmes et les jeunes (qui ne sont pas des catégories sociales) et dans le domaine de la consommation, mais de plus en plus dure envers les travailleurs avec une libéralisation et une précarisation sans cesse croissante, que la majorité silencieuse subit pendant que les malins du Marché ne font qu’accroître leurs bénéfices. Le cas américain est probant : de plus en plus de pauvres pour de plus en plus de riches ! Cette société a-t-elle pour but larvé la liquidation progressive de la classe moyenne en faisant oublier les combats économiques et sociaux, au profit du sociétal et du Capital ? De là à parler de « fascisme cool », il n’y a qu’un pas.

 

Pasolini, sur le caractère fasciste de la société de consommation

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Michel Clouscard et la société du désir

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L’essayiste Alain Soral reprend la thèse de Michel Clouscard

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10 techniques de manipulation des « maîtres du monde »

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Les provocations du désormais atlantiste Daniel Cohn Bendit

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Pour les plus curieux :

-BAUDRILLARD Jean : La société de consommation

-DEBORD Guy : La société du spectacle

-CLOUSCARD Michel : Le capitalisme de la séduction, Néo-fascisme et idéologie du désir et Critique du libéralisme libertaire

-SORAL Alain : Abécédaires de la bêtise ambiante et Chroniques d’avant-guerre

-LASCH Christopher : La culture du narcissisme

-LIPOVETSKY Gilles : L’ère du vide

-MICHÉA Jean-Claude : L’Empire du moindre mal : essai sur la civilisation libérale

-BERNAYS Edward : Propaganda

-EASTON ELLIS Bret : Glamorama

Retrouvez l’auteur de cet article (humanitededemain) sur http://humanitededemain.centerblog.net/

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À propos de thcondition

"Le capitalisme a eu besoin de la pensée libertaire pour élargir son marché et faire tomber tous les freins moraux qui empêchaient son extension" "Le féminisme est le cheval de troie du capitalisme." "Il est fatal que l'université produit de l'intellectuel de série. Et l'intellectuel de série, c'est comme le poulet d'élevage." "La destruction de la famille amène à l'individualisme intégral c'est à dire à la dictature du moi je, qui est le corollaire du libéralisme." Propos d'A.S - E&R.

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Une réponse à “La social-démocratie néolibérale libertaire”

  1. morsay Dit :

    bonjour que pensez vous de la plateforme du parti libertarien de france qui a rapport avec vos idees ?
    morsay http://lemorsay.wordpress.com

    Répondre

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