Mi-putes mi-soumises : le féminisme récupéré par le Capital

11 septembre 2013

2 - Comprendre et s'organiser

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Féminisme. Combat d’arrière-garde pour les uns, progressisme pour les autres, il est d’abord opportun de rappeler que comme bon nombre de courants, celui-ci n’échappe pas à la sous-division :

- Féminisme universaliste : notre identité sexuelle est culturelle, nous sommes conditionnés dans la différenciation normative. La recherche d’égalité sur plusieurs champs est fondamentale : Simone de Beauvoir

- Féminisme essentialiste : ce féminisme reconnait des qualités innées aux hommes et aux femmes, ils sont complémentaires. Ce courant a aussi des revendications émancipatrices. Exemple : Antoinette Fouque

- Féminisme Queer : grandes remises en question identitaires avec les « gender theories ». Le genre est ici questionné avec notamment le cas des travestis, des transexuels, des genres biologiques marginaux etc… Exemple : Judith Butler

- Féminisme anti-homme : revanchard, ce féminisme très marginal mais toutefois existant voudrait l’abolition totale du patriarcat au profit de la domination féminine et parfois même, l’annihilation du sexe masculin. Exemple : Andrea Dworkin

Comme pour les autres sujets, impossible d’en faire le tour ici. Je vais néanmoins aborder un sujet particulier : le féminisme dévoyé pour les intérêts capitalistes. Contrairement aux idées reçues, le féminisme n’est pas né durant les années 60 et l’avènement des idées libertaires. Il fut sans doute initié par le philosophe cartésien du XVIIe siècle François Poullain de la Barre. Durant la Révolution, un siècle plus tard, Olympe de Gouges rédigea la trop méconnue Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qui reste un exemple de féminisme universaliste et d’humanisme bien compris, par l’égalité en droits pour tous. Puis vint Léon Richer, Louise Michel, les suffragettes, Simone de Beauvoir… Et les autres.

Emancipation de la femme sous plusieurs aspects donc, cependant un féminisme particulier semble avoir émergé en même temps que les aspirations libertaires initiées dans les années 60, avec entre autres le « jouissez sans entraves » et le « il est interdit d’interdire ». Ce féminisme « mon corps m’appartient »prône la parité hommes-femmes en politique, l’abolition des couloirs et plafonds de verre (conditionnement pour exercer exclusivement des professions particulières, sclérose à certains postes avec impossibilité promotionnelle), remise en question du patriarcat, stigmatisation de spiritualités considérées comme rétrogrades comme l’Islam…

La féministe moderne est totalement dans l’ère du temps. Elle revendique le droit à l’individualisme jouisseur. Son corps est son outil de promotion sociale, elle en dispose totalement et devient maîtresse de son destin : métiers du tertiaire privé ou du prestige culturel dans l’espoir de s’embourgeoiser si mal née. De l’autre côté, son droit de disposer de son corps peut lui ouvrir sans honte la carrière d’actrice X, de prostituée… Ou de femme-objet d’un riche. Oui, son corps lui appartient. La presse féminine promue représentative de l’ensemble des femmes et de ce qu’elles doivent faire ou penser (nouveau régime à la mode, cocooning, convaincre son mari d’accepter son amant dans le lit conjugal…) est un immense réservoir du prêt-à-penser servant la société de consommation dont l’hédonisme -canalisé en achat du surplus de l’époque de l’abondance- a pris toute son importance promotionnelle. La femme devra être femme par son pouvoir de séduction, aussi périssable soit-il. C’est pour cela que pour assurer face à la concurrence, elle doit mettre le paquet sur les artifices de séduction qui font la joie des fabricants de fringues et de cosmétiques. Oui mesdames, plus que chez les hommes, la séduction de la femme est souvent réduite à la plastique dont la jeunesse fait la majeure partie du charme. Et ce corps si vite fané… Tandis que le vieux laid est encore dans la course si toutefois il est riche. Mesdames, ne trouvez-vous pas un certain charme à la gueule de Gainsbourg ? La même tête de torturé n’aurait même pas attirée votre attention chez un clochard posté pas loin de l’entrée d’une boîte tendance.

De plus, vous rendiquez le droit légitime au travail. Soit, mais de quel travail parle-t-on ? S’agit-il de rejoindre le prolo qui travaille à la chaîne ? S’agit-il de recueillir le lait de vache en pleine cambrousse avec en prime un « amour dans le pré » ? Non, il s’agit de s’élever au sein du tertiaire privé et des métiers de la culture et de la communication, et pourquoi pas la politique avec des idées « sociétalement » progressistes ! Surtout lorsque le FN réac de Marine fait du 18% au premier tour des présidentielles…

La femme peut désormais devenir executive woman si elle le souhaite, mais pour cela, sans doute devra-t-elle encore séduire son connard de macho de patron… Les régimes, les conseils fringues Marie-Claire, les cosmétiques moyen de gamme et en dernier recours le bistouri (permettant de tricher en paraissant plus jeune) aident grandement dans cette entreprise. Son corps lui appartient, c’est son outil de promotion économique, sociale, mondaine… Tandis que les innovatrices et chercheuses restent plutôt dans l’ombre. Pourtant, n’ont-elles pas dit qu’il est normal que l’innovation féminine ait été si faible historiquement, vu que ce n’est qu’une conséquence de la domination des hommes ? En parlant de travail, les femmes ont toujours travaillé mesdames, et jadis ne pas travailler était un luxe réservé aux grandes bourgeoises et aristocrates. Il eut sans doute été préférable que la femme s’occupe du logis pendant que son conjoint se cassait l’échine aux travaux des champs, mettant à profit sa force musculaire naturellement supérieure. Comment aurait-il pu en plus s’occuper de la popotte, du ménage et des gosses en bas âge ? La mort par épuisement aurait été vite arrivée. Si vous saviez en plus combien de femmes ont porté et portent la culotte dans un couple, réussissant même à dominer l’éternel homme dominant et bourreau de la femme…

On comprend mieux la stigmatisation de l’Islam chez vous, ignoble religion patriarcale aliénant la femme par la couverture de ses atouts, tandis que vous les exhiber fièrement. Mais ces aliénées ne disposent-elles pas aussi de leur corps en ayant choisi la libération de leur âme par la pudeur, plutôt que la libération (du porte-monnaie ?) par l’étalage de viande ? Son corps lui appartient aussi, à son mari, à sa communauté, à Dieu… Le vôtre est Mammon, en servant directement ou indirectement ses intérêts peu louables.

Tout ça pour dire que le Capital se sert de vous dans sa logique du profit. L’arrivée massive des femmes dans le Travail (en particulier le secteur tertiaire privé) et le Capital (recherche d’embourgeoisement), la discutable émancipation par l’aspect financier, la promotion de la société de consommation et son shopping ont permis des gains sans précédent, en bonne partie grâce à vous, mesdames. Aussi, il n’y a plus le risque de tomber enceinte et de garder ce futur chiard-fardeau si on ne l’a pas désiré avec la loi Veil. Vous pouvez jouir librement avec ce corps qui vous appartient sans conséquences fâcheuses qui vous attacheraient durablement à un homme, attéri dans votre lit uniquement pour la passion récréative.

Vous consommez bien, vous êtes pour tous les progrès sociétaux comme la peine de mort, sauf pour l’être-accident dans votre ventre. Vous troquez trop souvent le sociétal contre le social, à l’instar de votre parti favori, le PS. Continuez à faire vivre cette société servant le grand Capital mesdames, elle vous a permis de jouir sans entraves avec accumulation de jolies paires de Christian Louboutin, godemichets waterproof et bibelots design pour déco d’intérieur.

Retrouvez l’auteur de cet article (humanitededemain) sur http://humanitededemain.centerblog.net/

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À propos de thcondition

"Le capitalisme a eu besoin de la pensée libertaire pour élargir son marché et faire tomber tous les freins moraux qui empêchaient son extension" "Le féminisme est le cheval de troie du capitalisme." "Il est fatal que l'université produit de l'intellectuel de série. Et l'intellectuel de série, c'est comme le poulet d'élevage." "La destruction de la famille amène à l'individualisme intégral c'est à dire à la dictature du moi je, qui est le corollaire du libéralisme." Propos d'A.S - E&R.

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