1991 – La Naissance

30 août 2013

1 - Introduction

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Je suis né en 1991, bonheur, crise, des mots qui ne veulent plus rien dire pour moi tellement ils m’ont été matraqués.

Je suis de 91 alors forcément  je suis américanisé. Je n’ai même pas eu à choisir entre le « mal » communiste et le « bien » américain, quelle évidence, mes opinions me sont livrés clés en mains : J’ai été élevé par Disney, par les films hollywoodiens, les séries ou les marques en tout genre de l’Oncle Sam.  Devant mes yeux par l’image et l’amas de publicité, jusqu’à ma bouche dès mon plus jeune âge. En effet, je fête même mon anniversaire au McDonald. C’est un lieu de convivialité et en plus il y a plus de place que chez moi pour m’amuser avec mes copains. En plus l’hamburger et les frittes c’est quand même bien meilleur qu’un bœuf carotte !

Je suis un blanc de banlieue alors on m’a gentiment appris à m’auto-détester, ou du moins, les français d’origine étrangère qui sont avec moi à l’école on appris à m’haïr. Car étant blanc, je suis « colonisateur », « fils de collabo », « fils d’esclavagiste » et bien sûr « raciste ».

Comment je pouvais aimer la France ? Comment je ne pouvais pas me sentir plus américain que Français ? Je préférais New-York à Paris, le 6 juin 44 à Austerlitz, l’Anglais plutôt que le Français. Mon paradis terrestre c’était la bas,le pays du bien, où mes risibles désirs de consommateurs de base seraient tous satisfait. Un gamin de son temps, un robot méthodiquement programmé.

Le 12 juillet 1998 fut longtemps ma seule fierté patriotique et les médias m’ont dit que c’était grâce au miracle de la nouvelle France multi-culturelle « Black Blanc Beurre ». Il paraît qu’elle fut grandement menacée un soir d’avril 2002 par un homme qui, apparemment, nous rappelait les heures les plus sombres de notre histoire. Un dénommé Le Pen que je ne connaissais pas mais que je détestais déjà, forcément.

Je suis de 91 alors… Suis-je voué au mal-être ? Je sens que quelque chose ne va pas, mais je ne comprend pas pourquoi, alors je me réfugie dans ce que le saint capitalisme a trouvé de mieux: Un nouveau monde, un monde numérique, irréel. De la télé à la console, de la console à internet. Je m’y noie en tant que réfugié de la réalité et surtout, victime d’un asservissement.

Déçu, écœuré, dépité d’un tas de choses. Je perds mes premiers potes car je ne vais pas dans le même collège qu’eux, je me fais chier en cours mais je rigole bien quand même, je suis encore jeune, fragile et même insolent il paraît. Et en plus les filles ne sont pas exactement ce que Disney m’avait vendu mais c’est de ma faute je suis du sexe masculin, oppresseur et violent.

Je suis de 91 alors forcément je suis pour l’égalité homme-femme, limite féministe à en cultiver la peur de cette gente, tout en l’idéalisant. Heureusement le porno me console scandaleusement. L’illusion de la domination me fait étrangement du bien, je les baises salement ces salopes, j’ai honte de moi.

Un gosse perdu dans les contradictions d’une époque, de la princesse Blanche-Neige de mon enfance aux « Nabila », je ne comprend plus rien.

Je continue de me voiler la face, je bois de l’alcool, je prends des drogues récréatives parce que je suis influençable mais surtout parce que, temporairement, je me sens bien. Paradis artificiel, l’alcool me donne des ailes, je ne suis plus ce gamin timide à qui on n’a jamais appris à se défendre, un mal générationnel, un défaut féminin d’un mec féminisé. Forcément, je suis d’une génération où le père ayant abandonné, la mère domine, alors …

Ce soir la gueule de bois sera lourde. J’ai besoin, encore une fois, de me soulager du réel.

Et pourtant, malgré tout ce conditionnement je sens un vent de révolte s’insuffler en moi, un fil conducteur.

Je commence à sortir de cette matrice infâme et destructrice, me libère par l’écriture, la foi. La soif de vérité et l’impitoyable conviction que j’ai le pouvoir de changer le monde, de me changer.

Je suis d’une génération perdue mais je suis témoin de ce que le mondialisme a fait de pire. Le monde tombe en ruine, nos valeurs morales sont bafouées, les limites toujours plus repoussées.

Puis-je encore fermer les yeux ?

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À propos de thcondition

"Le capitalisme a eu besoin de la pensée libertaire pour élargir son marché et faire tomber tous les freins moraux qui empêchaient son extension" "Le féminisme est le cheval de troie du capitalisme." "Il est fatal que l'université produit de l'intellectuel de série. Et l'intellectuel de série, c'est comme le poulet d'élevage." "La destruction de la famille amène à l'individualisme intégral c'est à dire à la dictature du moi je, qui est le corollaire du libéralisme." Propos d'A.S - E&R.

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Une réponse à “1991 – La Naissance”

  1. Zooleil Dit :

    J’ai beaucoup apprécié ce texte dans lequel je me retrouve un peu, bien que né 11 ans plus tôt. L’écriture est fluide, agréable à lire, on perçoit parfaitement le désenchantement de notre monde contemporain. L’éveil des consciences est en marche, la renaissance est en germe. Merci pour ce partage.

    Répondre

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